Doberg

( Dominique Berger )



« Mon père était un chercheur d’or,
L’ennui c’est qu’il en a trouvé »

Jacques BREL


Installé à Montmartre depuis 1997 avec sa compagne Isabeau, DOMINIQUE BERGER, dit " DOBERG " sculptait et travaillait
entre autres des décors pour les arts vivants ainsi que pour le cinéma. Dans sa dernière période il sculptait des
figurines avec des moyens dérisoires : des clous à chevaux. Il les assemblait en scènes humoristiques, érotiques
ou à sous-entendus psychanalytiques qu’il exposait dans des boîtes aux parois de verre avec une légende
qui donnait tout le sel à l’affaire.

Elles illustraient souvent des poèmes ou des contes, (ainsi voyait-on le petit chaperon rouge sur le lit et sa petite culotte sur le grill…)
ou des légendes anciennes ou modernes : telle celle où Livingstone fait connaissance du Dr Shweitzer dans la jungle
pendant que derrière la palissade Tintin se console avec Milou ; ou encore « les sept nuits d’ivresse »
scène où les références au marquis de Sade sont manifestes. Ses boîtes conservées, rarement montrées, ses démarches
d’ailleurs peu nombreuses l’ayant vite découragé, n’ont fait l’objet d’aucun commerce et ne sont pas cotées, elles
restent donc inestimables (aux yeux de ses proches !).

Dominique Berger n’avait pas fait d’études d’arts plastiques mais son extraordinaire créativité avait séduit quelques
montmartrois dont Alain Plumey du musée de l’érotisme ou Jean-Michel Faudemer de la galerie 3F. Faute de forces il ne put
mener à bien les expositions . François Pont et Yves Samuel ont consacré une page à Isabeau et Dominique dans leur livre
« Figures de Montmartre d’aujourd’hui ».
DOBERG, ainsi qu’il signait, avait développé tant une œuvre qu’un art de vivre
-- en réaction semble-t-il à une enfance bourgeoise - cf Jacques Brel
( la vie « élevée à la hauteur d’une œuvre d’art » disait Foucault) .

Il avait parcouru le monde sur de grands voiliers en tant qu’invité, un « métier » qu’il évoquait avec malice Il avait rencontré
la dernière femme pirate, une antillaise le pistolet à la ceinture qui lui répétait : « méfie toi de mon fils, c’est un nègwe . »

Sa passion et son érudition au sujet de la mer l’ont mené à la construction de maquettes de bateaux anciens , maquettes extrêmement
précises sans le moindre anachronisme pour des films , il ne souffrait aucune approximation sur le sujet ; ainsi s’énervait-il
quand on chantait « coq shanghaïais » au lieu de « coq changaïllé » ( expression qui désigne un enrôlé de force)
dans la merveilleuse chanson de Margaret de Mac Orlan.


Il est demeuré cloîtré plus de dix ans dans la demeure de la rue Berthe à la suite d’un accident vasculaire cérébral qui l’a privé
de l’usage de sa main gauche ! Malgré tout, sa volonté était plus forte que les tourments que lui infligeait son corps.
Il n’était qu’enthousiasme, que projets. Il caressait l’idée de bâtir lui-même sa maison dans un coin de l’Hérault, pays doux à son cœur,
où il avait passé ses plus belles années avec des compagnons de route comme Boby Lapointe ou son ami Jean Thoulouze.

En mai prochain , ISABEAU lui rendra hommage en chantant des chansons coquines autour de ses œuvres qui seront exposées durant le festival
« Cabane trempée »°° dirigé par Denis Leenhardt, aux environs de Montpellier.

Adieu doux oiseaux de jeunesse, de MONTmartre à MONTpellier la boucle est bouclée, DOBERG ne nous aura pas tout à fait quittés.


http://www.isabeaupaname.free.fr

















- boîte n° 01: 32 x 31 x 21,5 cm
- boîte n° 02: 20 x 27 x 15 cm
- boîte n° 03: 23 x 40 x 23 cm
(pour les dimensions: hauteur x largeur x profondeur)